La capoeira

Bonne nouvelle : la capoeira peut être pratiquée par tout le monde, et à tout âge !

Elle apporte énormément aux capoeiristes, débutants ou avancés (on vous jure!).
Si certaines aptitudes apparaissent comme évidentes d’autres, plus subtiles, s’appréhendent  au fur et à mesure de la pratique. En observant un jeu de capoeira, on remarque facilement l’agilité et la souplesse que requiert la discipline. Mais cela ne s’arrête pas là ! La coordination et l’endurance des joueurs de capoeira sont tout aussi importantes et essentielles dans l’apprentissage et la pratique. Les exercices réalisées lors des cours sont complets et permettent de solliciter tous les membres du corps.

Rassurez-vous, tout cela s’apprend. Et grâce à une pratique régulière, vos progrès seront vite remarquables. Et même si vous avez l’impression d’avoir du mal à suivre le rythme, vous seriez surpris d’observer le changement dans votre maîtrise de la capoiera. La clé consiste en la pratique d’exercices appropriés et adaptés à vos envies.

Son histoire

Création par les esclaves fugitifs et pratique interdite

Connaître les origines et l’histoire de la capoeira permet de mieux comprendre sa pratique aujourd’hui.

Les racines remonteraient au 16ème  siècle alors que plusieurs milliers d'africains étaient déportés au Brésil pour travailler comme esclaves. Les tribus africaines étaient capturées et débarqués aux ports de Rio de Janeiro, Recife (Pernambuco) ou São Salvador (Bahia). Les esclaves résistèrent contre leur vie de servitude. Ceux qui parvenaient à s'échapper des plantations (Senzalas) se regroupaient dans des lieux difficiles d'accès dans les forêts de l'arrière-pays : les "quilombos". Ces villages de fugitifs avaient un mode de vie communautaire et renouaient avec les coutumes africaines. Le plus grand quilombo s'est formé vers 1580 dans l'Etat de Alagoas, à Palmares, et comptait à son apogée au moins 30 000 personnes rassemblées autour du roi, le Ganga Zumba. Après plusieurs insurrections, les portugais proposent aux insurgés de se rendre : en échange, le pardon leur sera accordé et ils pourront reprendre leurs travaux d'esclaves sans punition ni exécution. Ganga Zumba y consent. Zumbi, neveu du Ganga Zumba, n'accepta pas cet accord et mena une résistance acharnée pendant 15 ans, jusqu'à ce que les Portugais parviennent finalement à disperser le quilombo, en 1695. Dans l'histoire du Brésil, le Quilombo de Palmares et son leader Zumbi dos Palmares sont des symboles de la résistance des Africains contre l'esclavage. C'est dans ce contexte que la capoeira apparaît au Brésil. Certains pensent que la capoeira est l'évolution d'une forme de lutte importée d'Angola par les esclaves. D'autres soutiennent qu'elle s'est développée dans les quilombos du Brésil pour prendre part aux combats de rue ou se défendre contre les esclavagistes. D'autres encore qu'elle était le divertissement des esclaves travaillant sur les marchés de Rio. Il est difficile de vérifier ces hypothèses. Néanmoins, il est incontestable que la capoeira possède des racines africaines tout en étant un art spécifique au Brésil. 

 

Elle fut interdite longtemps et était pratiquée en cachette. Elle survit malgré les efforts des autorités de l'époque pour faire disparaître les expressions de la culture Afro (Candomblé, batuque…). Après l'abolition de l'esclavage (1880), la capoeira resta associée aux esclaves et à leurs descendants appartenant généralement aux couches économiques les plus basses.   

 

A Rio de Janeiro, on assimile les capoeiristes aux voleurs et brigands et quiconque est surpris en délit de "Capoeiragem" est puni par la loi du code pénal de la République des états-unis du Brésil de 1890.

Expansion, reconnaissance et formalisation de la pratique

Progressivement la capoeira est transportée vers les grands centres urbains. À Recife, le nom de Nascimento Grande est célèbre ; à Rio c'est celui de Manduca da Praia. Originaire de Santo Amaro da Purificaçao (Bahia), Besouro de Maganga est le premier capoeiriste à devenir une légende et à être célébré dans les chansons.  

Au début du 20ème siècle, c'est sur les places publiques des grands centres urbains, lors des manifestations religieuses importantes (festa de Santa Barbara, festa da Conceiçao, festa de Boa Viagem, festa do Bomfim…) que les « joueurs » de capoeira se retrouvent malgré la répression des autorités. A Recife, les capoeiristes accompagnent les défilés du carnaval. Chaque groupe protège son étendard, les bagarres sont nombreuses et violemment réprimandées. Progressivement la capoeira se transforme, s'institutionnalise. Ceux qui la considèrent comme une lutte la font monter sur les rings. Forts de cette reconnaissance, naissent les premiers manuels : le premier livre sur la capoeira serait : "Guia do Capoeira ou Gymnastica Brasileira" signé par un certain O.D.C. en 1907 à Rio de Janeiro. 

En 1928, Annibal Burlamaqui publie un livre illustré, intitulé "Ginástica Nacional". Il y définit des méthodes et règles très éloignées du rituel bahiannais, et tente d'assimiler la pratique de capoeiragem à une gymnastique nationale. Elle n'est plus l'apanage des malandros (voyous). Avec l'aide de son élève Cisnando, grand connaisseur de jiu-jitsu, boxe et lutte gréco-romaine, Manuel dos Reis Machado, dit Mestre Bimba (1900-1974), crée une capoeira caractérisée par des séquences de mouvements et un code éthique stricte. Soucieux de rendre cette discipline respectable et de la transformer en véritable art martial, Mestre Bimba ouvre la première académie de Capoeira, en 1937, à Salvador. Il introduit des mouvements de "batuque" (samba de lutte), crée une nouvelle méthode d'enseignement et un nouveau style : la "Capoeira Régionale". Il a transformé le combat de rue en un système structuré. A Rio c'est Sinhozinho, qui extrait la capoeira de son contexte musical et rituel, la mélange avec d'autres arts martiaux, et la divulgue auprès de la classe moyenne Carioca.

En 1941, Mestre Pastinha (Vicente Ferreira Pastinha, 1889-1981) ouvre son école dans le quartier Liberdade, et développe le style « Capoeira Angola », afin de conserver l'héritage africain. 

La Capoeira est, pour la première fois, enseignée et pratiquée en dehors de la marginalité.

 

 

 

 

La Capoeira et les cultures populaires

Dans les années 50-60 à Salvador, l'identité noire commence à être incorporée de manière folklorique, poussée par la politique touristique. Les manifestations Afros (samba, afoxé, candomblé…) sont moins réprimées par la police que par le passé.  

Mestre Canjiquinha  présente la Capoeira dans la plupart des états du Brésil et participe à plusieurs tournages cinématographiques. Les rituels se transforment en shows. En 1953, c'est la première présentation de Capoeira à la télévision, sur TV Tupi. L’année suivante est tourné "Vadiação", un court métrage de 8 min. filmé en 16mm dans lequel on retrouve :  Traira, Nagé, Bimba, Waldemar, Caiçara.

 

 

Sa pratique et ses bienfaits

La dimension musicale

Sans musique, pas de capoeira.  

Une écoute attentive vous permettra de développer votre sens du rythme. Si la capoeira est à l’origine une lutte,  il faut garder à l’esprit qu'elle est aussi une danse.  Lors des cours de capoeira, vous apprendrez également à jouer des instruments de musique : berimbau, pandeiro, agogô, atabaque. Connaitre et apprendre à jouer les instruments traditionnels qui forment la bateria fait partie intégrante de la maîtrise de la capoeira, au même titre que rendre un coup de pied, faire des esquives ou même exécuter des acrobaties. Grâce à l'apprentissage de la musique, vous stimulerez votre  créativité et votre imagination, c’est d’ailleurs ce qui fait la richesse d'un jeu de capoeira. Rien n'est chorégraphié, tous les mouvements, enchaînements et déplacements sont improvisés par les capoeiristes quand ils entrent dans la ronde ! 

L'esprit de groupe

Enfin il faut savoir que la capoeira est un sport collectif, qui se pratique au sein d'un groupe.

Chaque groupe a sa technique d’apprentissage, ses couleurs, ses traditions. Il existe de nombreux événements et rassemblements tout au long de l'année où les différents groupes de France, d'Europe et même du Monde se rencontrent pour échanger, s'entrainer, partager ensemble leur passion commune   pour la capoeira, et accessoirement pour faire la fête ! Vous pourrez ainsi sympathiser et créer  des amitiés fortes avec des capoeiristes de tous horizons. Mieux encore, vous pourrez voyager en vous rendant à ces événements, et découvrir des endroits et cultures encore méconnus !


Ils témoignent

  • Christophe,

    " Le Berimbau est l'instrument central de la capoeira, et c'est vraiment un plaisir d'avoir pu le fabriquer avec Mestre Jorge dans l'esprit traditionnel ! Très pédagogue, Mestre Jorge nous a montré toutes les étapes de la fabrication : découpe de la calebasse, ponçage, préparation de la corde, etc... C’était amusant et surtout je suis fier de jouer sur un instrument construit de mes mains !"

  • Doriane,

    " Du baptême de cette année je retiens de belles rencontres, des échanges avec d’autres groupes de capoeira, des cours avec des professeurs et des mestres du monde entier. Il y a plein de choses à apprendre et à partager. Vivement le prochain événement! "

  • Alexandre, 5 ans et demi,

    "J’aime mes professeurs, Tupete et Juan, parce qu’ils m’apprennent la capoeira et je progresse. La capoeira c’est très bien : j’aime tout dans la capoeira. On s’amuse beaucoup. Pendant le baptême, j’ai eu ma première corde. C’était super ! J’ai rencontré plein de gens qui venaient d’autres cours et d’autres pays. Je continue à m’entraîner cette année."

  • Sébastien,

    " Pratiquer la Capoeira, c'est une rencontre. D'abord avec ce jeu de combat, la musique, le chant et le Brésil évidemment... Et puis vient le plaisir de la rencontre avec les autres capoeiristes. Biriba Basil est présent en France et au Brésil, mais aussi en Irlande, en Allemagne, en Israël et en Equateur. Les batizados et les événements organisés par tous ces groupes sont l'occasion d'aller pendant quelques jours partager des moments de Capoeira, de fête et de découverte des autres : l'instant magique où la Capoeira devient un langage universel ! "